Interdegrés – the ethos behind all this

Quand j’ai commencé à m’intéresser au projet Interdegrés il y a plusieurs années maintenant, c’était pour remplacer une collègue qui ne pouvait pas se rendre dans une formation. Je me suis retrouvée dans un collège avec un groupe de PE et de profs de collège, avec plein de documents sur le thème CLOTHES et ils ont mis ensemble leurs idées pour des activités sur le thème. Voilà – cela a duré une après-midi. Je ne sais pas s’ils ont donné suite dans les classes, s’il y a eu communication ou même s’ils ont gardé trace de notre temps passé ensemble. Heureusement les choses ont drôlement évolué !!

Aujourd’hui je suis en charge du dispositif pour l’Académie de Rouen, ce qui couvre les départements de l’Eure (27) et de Seine Maritime (76). Je travaille avec une équipe de personnes dynamiques et passionnées : Emma, Karine, Emilie – bonjour à toutes !! Nous nous rendons dans des collèges pour travailler avec des équipes composées de professeurs de ce dit collège, plus éventuellement un collège avoisinant, puis les enseignants des écoles primaires qui sont du secteur. L’idée est de permettre une mise au travail en commun, pour établir des parcours en commun pour faciliter la transition de l’élève  de l’école primaire vers le collège.

Ce qui nous a frappé le plus cette année, c’était le besoin de communiquer entre les secteurs !! Je fais référence ici à cette nécessité de communiquer vers le collège pour dire ce qui a été travaillé dans les écoles auparavant afin de permettre aux enseignants de collège de mettre en valeur telle ou telle notion, tel ou tel point du programme. Voici un exemple concret :

Lors des évaluations de CM2 (lire ICI) les élèves sont évalués dans les compétences orales au mois de septembre après l’entrée en 6e. L’idée est de réunir les enseignants de CM2 et de 6e ensemble pour assurer les passations, pour travailler en commun sur cette évaluation. Une partie à évaluer consiste à demander les élèves de réciter un poème, chanter une chanson ou une comptine en anglais. On n’évalue pas les talents de chanteur, bien entendu, mais la mémorisation et la capacité de prendre la parole dans ce contexte. Les enseignants de collège déploraient tous l’incapacité d’accomplir cette tâche par la plupart des élèves de 6e. Cependant lorsque l’on a abordé cette question en formation, tout le monde reconnaissait qu’il était inconcevable de penser qu’un élève sortant de l’école primaire n’ait jamais appris de chanson / comptine en anglais. Le problème venait surtout du fait que les enseignants de collège, ne sachant pas ce qui avait été abordé / fait pas les collègues du primaire, n’étaient pas en mesure de poser la bonne question, relancer de manière efficace. Si les enseignants avaient su que les enfants de telle école avaient fait “The Animals went in two by two” puis “Akin Drum”, puis “There’s a hole in my bucket” au cours de leur année de CM2, ils auraient pu lancer une piste pour aider l’enfant à mettre en valeur ses connaissances.

Qu’est-ce que je propose alors ?

Un document de liaison ? Une liste de contenus ?

Je pense que si j’arrivais en formation avec un document de liaison de plus, je me ferais lyncher !!! Un document de liaison n’est utile que si cela sert par la suite. Sachant que ce point peut être un point faible pour les élèves, et sachant que les élèves ont travaillé des chansons mais n’ont pas les moyens de mettre en valeur ses compétences, cela me semble indispensable de réunir les informations nécessaires. Pour ma part, j’encourage toujours les enseignants à communiquer entre eux pour informer sur tel ou tel point. Certes si on ne se connait pas, ce n’est pas évident de partager des informations. mais lors des journées Interdegrés, lorsque l’on a fait des jeux ensemble, lu des albums ensemble, partagé des moments ensemble, le partage par mail par la suite devient beaucoup plus naturel et facile.

L’objectif de l’Inspecteur qui a mis en place ce dispositif était de réunir les enseignants des deux degrés pour la passation de la partie orale au mois de septembre. A ce moment là, les relances sont facilitées puisque l’enseignant est là pour donner le début d’une chanson, pour guider l’élève.

Cet exemple est tout simple. Il y en a surement d’autres. Pour moi, cet exemple illustre bien “the ethos behind all of this”. Si l’on veut que l’enfant puisse être mis en situation de réussite, il faut que l’on mette en valeur ce qu’il sait. Si on ne sait pas ce qu’il sait, on ne peut pas faire appel à ses connaissances. Comment savoir ce qu’il sait ? Personne n’a le temps de remplir trop de documents lourds et administratifs. Personne n’a le temps de lire des documents lourds et administratifs. Cocher des cases – on coche déjà beaucoup de cases dans une année. Je ne suis pas en train de proposer des cases en plus. Je suggère une approche plus simple et pragmatique. Les enseignants du primaire communiquent à leur collègues du secondaire les informations nécessaires en amont.

La classe de Mme X a travaillé les chansons XYZ.

Lors de l’évaluation, les enfants qui peuvent se lancer tous seuls le feront.

Les enfants qui ont besoin que l’on leur donne l’idée seront mis en situation de réussite.

C’est aussi simple que cela – et un exemple concret de liaison CM2-6e à un petit niveau, mais d’une efficacité qui permettra  à l’élève de réussir.

For some extra reading on the situation in the UK, you may find the article behind this link interesting to read.

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